Blue Heaven, une sombre histoire de violence par Tsutomu Takahahsi

Tsutomu Takahashi est un auteur à la carrière riche et variée et qui officie depuis 1989. En France, l’auteur est moyennement connu malgré le nombre important de ses œuvres à avoir été traduites et publiées en français. (8 mangas pour 54 tomes à l’heure où j’écris ces lignes). Pourtant, il possède une certaine aura et je trouve qu’il est dommage de voir que plusieurs œuvres de ce grand mangaka ne sont plus disponibles.

Blue Heaven est un manga en 3 tomes parues au Japon en 2002 et édité en France en 2005 par Génération Comics (devenu depuis Panini Manga).

Je le dis tout de suite, si j’ai bien aimé Blue Heaven, je ne pense pas que ce manga va rester très longtemps dans ma mémoire. Une bonne lecture mais pas inoubliable en somme.

L’histoire se déroule sur le « Blue Heaven », le plus grand paquebot existant. Alors que la croisière bat son plein avec son lot de festivités et des centaines de passagers venant du monde entier, le navire va croiser un petit bateau de pêche perdu au milieu de l’océan.

Malgré le désaccord de son antipathique directeur, le capitaine du paquebot et ses hommes vont porter secours aux éventuels survivants du bateau de pêche. Ils y trouvent 2 hommes, l’un traumatisé et en piteux état et l’autre semblant aller bien.

C’est alors que tout va basculer malgré les efforts des membres de l’équipage.

On retrouve dans ce mangas beaucoup d’éléments qui tiennent à cœur à Tsutomu Takahashi.

Une société miniature est reconstituée sur le navire avec son lot d’injustices et d’horreurs. En finalement peu de page, l’auteur arrive à intégrer à son récit plusieurs personnages qui vont être amenés à se croiser. J’ai trouvé dans l’ensemble les protagonistes intéressants. On a l’impression de voir différents destins se croiser puis être chamboulés par les horreur qui vont se passer sur le navire.

Takahashi met en scène une société du jugement. Les personnes se jugent en fonction des apparences, de la richesse, des origines géographiques, de ce qu’ils représentent. Il se dégage beaucoup de violence des relations entre les Hommes. Même les rares membres de l’équipage montrés comme « positifs » et pour lesquels on va avoir de l’empathie vont émettre des jugements rapide et encore engendrer de la violence.

Beaucoup de choses oppose les deux personnages qui vont mettre le navire à feu et à sang. L’un viens des bas fonds de la société quand l’autre est un riche fils à papa. Celui qui n’a jamais rien eu et vie dans l’obscurité va s’opposer à celui qui a toujours tout eu et vie en écrasant. L’omniprésence de la violence dans leur vie les lient malgré tout ce qui les opposent.

Alors que le premier (celui à l’origine du chaos ambiant) donne l’impression qu’il pourrai changer, le second va montrer qu’il est encore plus fou en rappelant les pires moments de l’humanité. Le premier (je les appels comme ça pour ne pas trop en révéler) va croiser un membre de l’équipage qui va lui montrer que la douceur peut exister. Il va chercher à savoir qu’elle est cette douceur qu’il n’a jamais connu. Malheureusement, la violence qui l’habite va le rattraper.

Si ce manga peut être vu comme un survival d’action sanglant, il peut être aussi vu comme une mise en avant de l’omniprésence de la violence dans notre société.

Heureusement tout n’est pas négatif et quelques personnages vont amener un peu de lueur et de nuance au récit. D’ailleurs, je trouve que les personnages positifs sont les mieux écrits (Sano, Yoshiko et Jungo).

L’aspect thriller d’action est excellent. La maitrise graphique du mangaka fait des merveilles pour dessiner des scènes d’actions marquantes et pour mettre en place une ambiance à l’effrayante noirceur.

La patte graphique de cet auteur est décidément sacrément impressionnante. C’est sombre et violent tout en étant très expressif et de nombreuses pages font plaisir aux yeux. Je ne me lasse pas du style unique de ce grand dessinateur.

La grande force de ce manga est de mêler brillamment violence visuelle et physique à une réflexion plus fine sur la violence de notre société. Si le propos est assez classique, il est rondement mené et sincère bien dans l’ensemble de l’œuvre de l’auteur.

On pourra cependant reprocher à l’histoire de se terminer un peu abruptement mais cette vitesse dans le récit le rend également efficace.

Une fois l’histoire principale finie, le 3ième tome contient une histoire courte très sympathique nommée route 69. Une histoire où se mêlent immoralité, amour, exclusion sociale et un bel hommage au cinéma. On a un peu l’impression de voir un film (comme pour Blue Heaven). J’ai bien aimé le récit sans trop savoir non plus quoi en penser tant le duo de personnages principaux peut se montrer agaçant.

Blue Heaven porte un regard sombre sur notre société tout en insérant des réflexions rapides mais intéressantes sur la violence et son origine dans un milieu fermé. Le récit est extrêmement efficace mais je ne suis pas sur qu’il me marque longtemps. Ce n’est pas le manga de Takahashi que je recommanderai en premier mais c’est une bonne et rapide lecture.

Blue Heaven a été publié par les éditions Panini manga en 3 tomes. Malheureusement, le dernier tome est devenu difficile à trouver en occasion.

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