Ce n’est pas toi que j’attendais, un récit autobiographique portant un regard intéressant sur le handicap tout en ayant certains petits défauts.

Fabien Toulmé est depuis quelques années un auteur de « roman graphique » assez connu et réputé (avec par exemple L’Odyssé d’Akim). Si je voulais découvrir son travail depuis un moment, j’ai choisis de débuter par Ce n’est pas toi que j’attendais qui est ça première œuvre au long cours.

C’est une bande dessinée autobiographique racontant l’arrivée et la naissance de Julia la deuxième fille de Fabien Toulmé et de sa compagne. Mais c’est surtout l’histoire d’une acceptation, celle du handicap.

Ce n’est pas toi.. est à la fois le témoignage d’un auteur qui se livre sans détour n’y faux semblant (au point d’en être parfois agaçant) mais aussi un récit sur le handicap et sa difficile acceptation par des parents.

Si le début de l’œuvre nous fait découvrir la vie de la petite famille qui part du Brésil (pays d’origine de Patricia, la compagne de l’auteur), la suite va vite se concentrer sur la venue au monde de Julia. Dans un premier temps dans le ventre de sa mère via des examens médicaux et des inquiétudes paternelles, puis à la maternité.

Au cours de la grossesse de sa compagne, Fabien va commencer à éprouver de l’angoisse par rapport à la santé du bébé. Ils n’ont pas eu l’occasion de faire un certain test au cours de la grossesse et l’auteur craint que son enfant naisse en étant porteur du syndrome de Down (autrement appelé Trisomie 21).
Le sujet n’est vraiment pas amené avec finesse, on devine à plusieurs reprises ce qui va suivre mais la lecture reste intéressante.

La BD raconte ensuite la naissance de Julia. Les craintes de Fabien entrainant la disparition du bonheur tant attendu. L’état de santé de l’enfant et la manière dont réagissent les parents. Et enfin l’enfance de Julia et tout le questionnement sur l’acceptation du handicap et la difficulté à aimer. Si le sujet est complexe et relativement dur. L’auteur s’en sort dans l’ensemble bien et arrive d’ailleurs à nous toucher avec beaucoup de justesse dans une très belle dernière partie.

Je trouve qu’il est toujours intéressant d’aborder un sujet comme le handicap par le regard des parents qui vivent les choses de l’intérieur. Les procédés administratifs, le regard de l’autre, la vie de couple, les autres enfants.. de nombreuses choses sont abordés avec intelligence et un certains recul.

Je souhaite cependant parler d’un écueil récurent dans la bande dessinée autobiographique. Les auteurs (la plupart du temps masculin et ayant 30/40ans) sont dans une sorte d’auto apitoiement un peu nombriliste. De nombreuses BD arrivent à trouver un juste équilibre que je n’ai pas forcément trouvé ici. J’ai un peu tiqué à plusieurs reprises, surtout dans la première partie de l’histoire. On a l’impression que l’homme décide de tout (ex : la scène du prénom) et on ne voit pas beaucoup d’échange au sein du couple. L’auteur pleure, s’auto apitoie sur son sort, se plains mais on ne sais pas ce que vie sa compagne qui vient de faire une césarienne et doit rester bloquer à l’hôpital sans voir son enfant. Ce genre de situation revient à plusieurs reprises et cela m’a fait un peu sortir de la lecture en m’agaçant. Ce n’est peut être qu’un détail mais c’est ce genre de ressenti qui m’a empêcher de trouver cette œuvre vraiment excellente.

J’ai beaucoup aimé les scènes avec Louise, la fille ainée. On sent la douceur, la spontanéité et le regard d’enfant derrière les dialogues autant qu’on peut déceler l’amour et la tendresse que ressent Fabien Toulmé envers sa fille. Louise offre de superbes scènes, tantôt drôle, tantôt émouvante mais toujours dessinées avec une grande justesse.

Le dessin est assez rond et doux. S’il ne fourmille pas de détails, l’ensemble se veut réaliste et le rendu colle très bien au récit. Chaque chapitre est dans une bichromie différente mais souvent assez clair. Visuellement, l’œuvre n’est pas marquante mais le trait de Fabien Toulmé est efficace et la narration est une des forces du récit. Arriver à trouver le juste équilibre entre ton léger, description personnelle et témoignage sur la difficulté à accueillir un enfant en situation de handicap n’est pas chose aisée en soi.

Malgré quelques petits éléments qui m’ont gênés, Ce n’est pas toi que j’attendais est un récit très touchant et juste qui parle d’un sujet bien trop tabou dans notre société. Une belle lecture à faire découvrir à votre entourage.

Ce n’est pas toi que j’attendais est disponible en 1 volume aux éditions Delcourt.

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