La semaine du Shôjo 2021 : Quel(s) shôjo te donne(nt) le plus envie de voyager ou t’invite(nt) le plus à l’évasion ?

J’ai la joie et la chance d’avoir été invité par Nico de Club Shôjo pour participer à la semaine du shôjo de l’année 2021. La semaine du Shôjo est organisée chaque année par Club Shôjo et je conseil vivement aux personnes ne connaissant pas ce site d’y faire un tour (et de découvrir au passage les semaines du shôjo des années précédentes). Les différent(e)s rédacteur(e)s du site abordent de nombreux sujets et des shôjos de tout genre. La lecture des articles est aussi enrichissante que divertissante. Je remercie Club Shôjo de me donner l’opportunité de pouvoir participer à cet événement!

Je voudrais tout d’abords faire un petit rappel : à l’instar du shonen, le shôjo est une classification venant des magasines de prépublication japonais. Un shôjo est donc un manga prépublié dans un magasine à destination d’un lectorat féminin. Les shôjos mangas peuvent autant être de la tranche de vie, du fantastique, de la romance, de l’horreur que de la science fiction et peuvent parler au plus grand nombre, les lecteurs pouvant être autant de sexe féminin que de sexe masculin.

Je trouve cette idée de semaine du shôjo très intéressante car elle permet à un nombre conséquent de personnes de présenter des titres aimés dans une thématiques bien précises. Cela permet de montrer la richesse et la diversité du shôjo manga qui garde encore malheureusement une image négative et stéréotypée auprès d’une partie du lectorat.

Je suis loin d’être un fin connaisseur du shôjo manga mais j’essaye de rattraper peu à peu ce retard. Je suis très heureux de pouvoir participer à cette semaine du shôjo en y présentant des titres qui me tiennent à cœur.

Cette année, le thème de la semaine du shôjo est : Quel(s) shôjo te donne(nt) le plus envie de voyager ou t’invite(nt) le plus à l’évasion ?

Je me suis contenté pour le moment d’écrire sur des œuvres bien précises sans oser changer de forme. Je suis donc assez content de pouvoir essayer d’aborder l’écriture d’une autre manière avec un sujet bien précis.
Ce que j’aime dans la lecture, c’est qu’elle me procure des réflexions, des émotions fortes ou tout simplement un apaisement. Mais certaines œuvres arrivent en plus à me donner l’envie (ou le sentiment) d’un ailleurs. Ce sentiment n’est pas forcément lié à des mangas historiques ou parlant de pays en particulier. Je dirais plutôt que ce sentiment d’évasion provient de lectures ayant une atmosphère bien particulière.


Je vais donc vous présenter aujourd’hui 3 shôjos possédant une ambiance assez travaillée et dont la lecture m’a emmené dans un autre quotidien ou une autre réalité.

Je vais commencer par un de mes mangas de cœur et dont l’autrice est en ce moment sous le feu des projecteurs avec la réédition chez Panini de l’excellent Banana Fish.

Je parle du très beau Kamakura Diary, manga prépublié dans le magazine flower (Kids and the slope, Spiritual Princess, Heartbroken Chocolatier…).

Kamakura Diary débute par un deuil, les trois sœurs Koda apprenant que leur père est décédé. Ce père qu’elles n’ont pas vu depuis 15 ans, lorsqu’il est partie du foyer avec son amante. Les trois sœurs sont désormais de jeunes femmes indépendantes. Elles ont été élevées par leur grand-mère décédée, après que leur mère est, elle aussi quitté le foyer sans un regard pour ses filles.
À l’enterrement du père, elles font connaissance avec Suzu, leur jeune demi-sœur désormais orpheline. Au moment de repartir, elles proposent à Suzu de venir vivre avec elles à Kamakura. Débute alors une nouvelle vie pour Suzu et ses sœurs.

Durant 9 magnifiques tomes nous suivont l’histoire de cette famille recomposée au rythme des rencontres, difficultées, amours, repas, saisons..

J’aime le Japon et toutes les propositions culturelles venant de ce pays, cependant je ne suis pas plus fan du Japon que d’un autre pays. Cependant, la lecture de Kamakura Diary m’a donné envie d’aller visiter le Japon, d’aller à la rencontre de ses habitants de découvrir ce quotidien qui est décrit avec tant de justesse dans le manga. (En restant aussi loin que possible des mégalopoles japonaises bien sur).

Il est rare de lire une histoire donnant autant un sentiment de vécu et de promiscuité avec les personnages. J’ai vraiment eu l’impression d’aller à la rencontre de cette famille, de découvrir leur quotidien, leurs émois, leur joies et tristesses mais aussi leurs habitudes. C’est cette rencontre de l’autre alliée à un dépaysement culturel qui m’a donné ce sentiment d’évasion si agréable.

Kamakura diary, c’est aussi la promesse d’un récit rythmé par les saisons qui passent et qui voient les personnages grandir et changer sous nos yeux. Je me suis rarement autant attaché à des personnages que dans le cas présent, au point qu’il m’a été vraiment difficile de leur dire au revoir une fois le dernier tome refermé.

Kamakura Diary est une histoire familiale qui peut parler à tout le monde et l’histoire de la résilience d’une jeune fille prête à découvrir le monde. Ce manga qui parle avec beaucoup d’authenticité de la vie est pour moi un indispensable et une promesse de voyage savoureuse.

Je souhaite ensuite parler d’une lecture courte mais excellente : Chiisako garden (aussi prépublié dans le magazine flower)

Chiisako garden est un recueil de 5 histoires courtes permettant de retrouver en France Yuki Kodama l’autrice de Kids on the slope (chez Kazé manga).
S’inspirant de croyances présentent partout dans le monde, l’autrice nous immerge dans un monde où les humains côtoient les Chiisakos, de petits êtres lilliputiens.
Si à première vu on pourrai penser à de simples histoires fantastiques, Yuki Kodama arrive à nous surprendre en instaurant une mélancolie douce teinté de poésie.


Si l’on en apprends plus sur les chiisakos d’histoires en histoires, s’est tout un monde qui est créé sous nos yeux. Un monde très proche du notre dans lequel vivent les chiisakos. Par exemple, ils ne peuvent être vu que par des enfants ou des personnes n’ayant jamais connu l’amour.
Les différentes histoires traitent de sujets variés avec beaucoup d’humanité et de douceur. L’enfance et le regard que portent les parents, les souvenirs d’enfance, la découverte de l’amour, la notion de différence, les vieux souvenirs.. Chaque histoire parle du temps qui passe et de l’importance du passé sur le présent.
Les chiisakos sont montrés comme mignons et attachants de par leur taille et designs de fées des forêts. Ce sont avant tout les personnages humains qui portent le récit et amènent l’émotion. Les chiisakos sont cependant très bien utilisés dans chacune des histoires et amènent une narration unique et bien trouvé.
Le dessin de Yuki Kodama est tout en finesse et précision. Son trait transmet avec aisance les émotions et l’atmosphère du titre. Il joue très bien avec les proportions, chose peu aisé vu la petitesse des chiisakos.

La lecture est extrémement douce, le lecteur va à la rencontre de ces petits être fantastique et y découvre tout un monde qui nous est inconnu. L’ambiance de chaque histoire est très travaillée et permet de faire ressentir pas mal d’émotions en peu de pages.
Chiisako garden est une œuvre précieuse dégageant beaucoup de sincérité et de douceur. Encore un manga qui se savoure pour les doux moments qu’il propose.

Je souhaite finir en parlant de 12 mois, un manga qui a été prépublié dans le magazine Cookie (dans lequel on retrouve entre autre Nana, Puzzle, Shibuya Love Hotel, Six Half)

Ici, je vais parler d’un manga qui m’a laissé des impressions opposées. J’ai été assez peu marqué par l’histoire et les personnages, pourtant ce manga me laisse une bonne impression en mémoire. Mon esprit se souvient surtout des saisons qui passent, des sentiments véhiculés par les personnages.
L’aspect saisonnier, le dépaysement amené par une ambiance très travaillée. L’impression de flottement, de temps qui passe, de dépaysement et d’instant perdus.

12 mois est un diptyque mettant en scène un groupe de personnages composé de 3 jeunes filles aux caractères bien distincts et définit. Les sentiments de ces 3 filles vont se croiser avec ceux de 3 garçons de leur âge. Au fil des saisons, les personnages vont découvrir peu à peu le sentiment amoureux avec souvent beaucoup d’interrogations et de maladresses.

On retrouve comme dans Kamakura Diary l’importance des saisons et du temps qui passe. Ce manga m’a donné l’impression de retourner dans un temps passé en retrouvant des moments et sentiments vécus il y a des années. (sans avoir pourtant vécu la même chose que les personnages).

Si je n’ai pas pleinement aimé ce manga, il m’a pourtant permis de m’évader de l’instant présent en me faisant vivre un « ailleurs » spirituel et ce n’est pas donné à toutes les œuvres.

Le sentiment d’évasion étant quelque chose de purement subjectif, j’espère que la lecture vous a plu. J’espère également vous avoir donné envie de découvrir ou de redécouvrir ces trois shôjos.

Kamakura Diary est disponible en 9 volumes aux éditions Kana.

Chiisako Garden est disponible en 1 volume aux éditions Vega-Dupuis.

12 Mois a été édité par les éditions Delcourt (du temps de la collaboration avec Akata) mais n’est actuellement plus commercialisé. Le manga reste trouvable en occasion.

Encore merci à Club Shôjo de m’avoir permis de participer à l’évènement.

Je vous invite à découvrir les articles des autres participant(e)s de la semaine du Shôjo. J’ai personnellement découvert tout le long de la semaine des œuvres intéressantes et des rédacteur(e)s talentueu(se)x. J’espère que vous y trouverez votre bonheur, n’hésitez pas à leur faire des retours!

  • Les Blablas de Tachan
  • Euphoxine
  • Moonyko
  • Seventh

2 commentaires

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